Ce qu'il faut savoir avant de poser les mains sur une personne en traitement : les vraies contre-indications, les gestes à adapter, et comment accueillir la demande sans se mettre en danger ni mettre le patient en danger.
Deep Flow & massage en oncologie Massothérapeute certifiée aux États-Unis, formatrice Deep Flow
Anne Compagnon a appris le massage à Los Angeles au milieu des années 80, à une époque où la massothérapie était déjà un métier structuré aux États-Unis et où elle n’existait pratiquement pas en France. Elle a dirigé jusqu’à 200 massothérapeutes dans les spas californiens avant de tout quitter pour revenir à ce qui l’intéressait vraiment : masser et transmettre. Elle enseigne aujourd’hui en France, à Bruxelles et depuis son cabinet du Finistère.
Anne découvre le massage et son approche holistique en Californie, un peu par hasard. Coup de foudre immédiat, elle en fait son métier.
Elle se forme à l’École de massage de Santa Monica puis à l’École de massage de shiatsu de Californie. Sa clientèle privée se constitue vite, ce qui lui permet de pratiquer dès la sortie de formation et de s’installer dans le métier sans période de flottement.
À la fin des années 80, elle est invitée à rejoindre l’équipe de thérapeutes sélectionnée pour créer Burke Williams, l’un des tout premiers day spas des États-Unis. Elle y devient rapidement directrice du département massage. Quand elle part, en 2000, elle encadre plus de 200 massothérapeutes répartis sur quatre établissements.
C’est là que se joue le moment décisif de son parcours. Installée à New York, on lui propose la direction d’un spa prestigieux. Elle refuse. Ce poste lui fait comprendre que ce qu’elle aime dans ce métier, ce n’est pas de gérer des équipes : c’est la table de massage et la transmission. Elle ouvre son cabinet privé.
En 2009, Anne enseigne le massage suédois à la Vancouver School of Massage and Bodywork, en Colombie-Britannique. Elle y rencontre Milena May Bergeron, créatrice du Deep Flow.
Cette rencontre change la donne. Après vingt ans de pratique et d’accumulation de techniques, le Deep Flow donne de la cohérence à ce qu’elle avait appris par morceaux. Une méthode qui la libère tout en lui donnant une direction, dit-elle.
Le Deep Flow réunit trois choses : l’alignement postural, la respiration guidée et le travail myofascial. L’objectif est de relâcher les tensions musculaires, parfois émotionnelles, et d’augmenter la conscience corporelle du client. Sur la table, ça se traduit par un travail profond mais lent, qui cherche la cause plutôt que la zone douloureuse. Ses clients le racontent bien : elle ne se contente pas de traiter l’endroit qui fait mal, elle repart de la posture et renvoie chez soi avec des exercices.
Elle enseigne aujourd’hui six programmes sous la bannière Deep Flow Europe : Les fondements, En mouvement, Deep Tissue, Massage suédois, Oncologie massage, plus un accompagnement individuel en tutoring pour les praticien·ne·s qui veulent un retour concret sur leur travail.
C’est devenu l’un de ses axes principaux, et le sujet qu’elle est venue porter au Sommet des Masseur·euse·s en septembre 2025, en table ronde avec Catherine Bauraind.
Anne s’est formée au massage oncologique à Londres, auprès de Susan Findlay, pour remettre ses connaissances à jour. En 2019, elle avait aussi entamé la certification Anatomy Trains Structural Integration avec Tom Myers aux États-Unis, interrompue par la crise sanitaire de 2020 et qu’elle compte reprendre.
Le massage en oncologie est un terrain où beaucoup de praticien·ne·s reculent, souvent par peur de mal faire. C’est précisément ce que sa formation adresse : adapter sa pratique aux besoins spécifiques des personnes touchées par le cancer, pendant ou après les traitements. Savoir quoi faire, et savoir quoi ne pas faire.
Cet engagement dépasse la formation. Anne a été praticienne bénévole pour l’association AlterSoin Pour Tous 44 et participe aujourd’hui comme bénévole à A Chacun Son Cap.
Anne s’installe en France en 2014, après avoir commencé à y enseigner dès 2010. Elle intervient depuis dans plusieurs écoles : la Paris Beauty Academy à Nanterre, The Miki School à Paris et l’École Européenne de Massage à Bruxelles, en plus de ses propres formations organisées partout en France.
Depuis 2021, son cabinet est à Porspoder, dans le Finistère, et elle reçoit aussi à Paris sur rendez-vous. Elle est membre de la Fédération Française de Massage Traditionnel de Relaxation.
Ses élèves décrivent toujours la même chose : un enseignement rigoureux et calme, qui va au-delà des manœuvres et pousse à comprendre ce qu’on fait plutôt qu’à reproduire un enchaînement. Une approche nord-américaine du métier, nourrie par des décennies de pratique des deux côtés de l’Atlantique.
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